« Jamais dans ma vie l’argent n’a été un moteur. » Dans les colonnes de La Tribune Dimanche, Jack Lang s'oppose aux accusations qui s’accumulent. À 86 ans, l’ancien ministre de la Culture, contraint de quitter la présidence de l’Institut du monde arabe, tente d’éteindre un incendie judiciaire et médiatique. Mais les faits sont désormais sur le bureau du Parquet national financier (PNF), une enquête a été ouverte pour « blanchiment de fraude fiscale ».

Cité dans les documents judiciaires américains liés à Jeffrey Epstein, Jack Lang fait désormais l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour blanchiment de fraude fiscale. L’ancien ministre conteste toute faute et dénonce un emballement médiatique.
Une société offshore dans le viseur
L’enquête vise une société offshore créée en 2016 par Caroline Lang, fille de l’ancien ministre, avec Jeffrey Epstein. Le nom de Jack Lang figurait dans les statuts de cette structure.

Le PNF cherche à déterminer si des flux financiers irréguliers ont transité par cette entité. Aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade.
Acculé politiquement, Jack Lang a démissionné de la présidence de Institut du monde arabe, qu’il occupait depuis 2013.
Une défense fondée sur « l'insouciance »
Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Jack Lang rejette toute malversation. Il affirme que l'argent n'a jamais été son « moteur », se présentant comme un pur passionné d'art. Concernant la structure offshore, il reconnaît l'avoir validée comme un fonds destiné à soutenir de jeunes artistes, mais assure ne pas s'être occupé de sa gestion.

Sur le volet moral, l'ancien ministre affirme avoir ignoré la condamnation de Jeffrey Epstein en 2008 pour pédocriminalité. Il dénonce un « tsunami de mensonges » et une « tempête de boue » médiatique, tout en se disant soulagé par l'ouverture d'une enquête officielle pour établir sa vérité.

Selon ses dires, le financier américain lui « a proposé de créer un fonds pour acheter les œuvres de jeunes artistes », une idée qu’il trouvait intéressante. « Pour le reste, je ne m’en suis pas occupé », a ajouté l’ancien ministre de la Culture. M. Lang a assuré que « tout est légal ». Il a aussi affirmé n’avoir « reçu un centime » du milliardaire américain.
Le train de vie d'un "Prince de la République"
Au-delà des liens avec Epstein, l'enquête met en lumière les habitudes de consommation de l'ancien ministre. Plusieurs révélations font état de notes d’hôtels et de restaurants astronomiques restées impayées. Il rétorque : "J'ai toujours l'habitude de payer mes factures.".

Il a néanmoins admis avoir bénéficié de la générosité de certains créateurs, comme Thierry Mugler, pour sa garde-robe. Pour cet homme de 86 ans, ces avantages ne relèvent pas du système des mondanités qu'il prétend fuir, mais de relations amicales classiques dans le milieu culturel.
À ce stade, aucune condamnation ni mise en examen n’a été prononcée. Le dossier illustre toutefois l’enchevêtrement entre réseaux culturels, relations opaques et circuits financiers offshore. L'enquête du Parquet national financier, ouverte récemment, pourrait éclaircir ces zones d'ombre. Pour autant, le silence des institutions publiques sur ces liens interroge la transparence des sphères subventionnées.




