A lire, de Michel Maffesoli: la force de l’imaginaire

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Michel Maffesoli, habitué de ces colonnes, signe un précieux pamphlet aux éditions Liber, intitulé « La force de l’imaginaire » et sous-titré « Contre les bien-pensants ». Cet ouvrage  court et incisif, agréable à lire, constitue une excellente porte d’entrée pour accéder à cette pensée originale de la post-modernité qui a percolé dans l’ensemble du paysage intellectuel français. L’ouvrage léger et mordant passe en revue la bien-pensance contemporaine, qui se réclame souvent du rationalisme, et qui tend à exclure avec vigueur les éléments les mieux annonciateurs du monde de demain. A lire pour progresser…

On retirera surtout de l’excellent pamphlet de Michel Maffesoli un praticable pour mieux comprendre sa conception du tribalisme et ses origines intellectuelles. Sociologue de renom (même s’il a été contesté pour la part qu’il accorde à l’imaginaire et à ses illustrations comme l’astrologie), Michel Maffesoli est en réalité un philosophe profondément influencé par la pensée phénoménologique au sens large.

Dans cet ouvrage divertissant, au style gourmand, l’auteur prend le temps de disséquer la généalogie de ses idées. Les initiés y décèleront la main de Nietzsche, mais Maffesoli préfère citer d’autres noms fondateurs: Bergson, bien entendu, mais aussi Maurice Merleau-Ponty et plus encore Georg Simmel. La phénoménologie allemande n’est pas loin, pas plus que des auteurs rarement cités comme Georges Dumézil, que les amateurs apprécieront de retrouver.

Mais cette avalanche de références ne doit pas dissimuler l’essentiel: le plaisir de lire une déconstruction caustique de la bien-pensance et de ses réflexes sectaires. Qui n’a pas été régulièrement par les bannissements et les mises à l’index d’intellectuels auto-proclamés qui ont pignon sur rue et propagent avec haine des lieux communs parfois agaçants et toujours d’une pauvreté théorique hallucinante.

De ce point de vue la polémique menée par Maffesoli est salutaire, récréative et utile pour se remettre les idées à l’endroit. On y comprendra mieux, de ce fait, les convictions de l’auteur sur le tribalisme post-moderne et sur l’invagination du sens décrite par Merleau-Ponty.

A lire d’urgence.


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