Extinction-Rébellion, l’écologie antisémite ?

Extinction-Rébellion, le mouvement écologiste radical qui mène des actions coup de poing contre le réchauffement de la planète, appartient-il à la sphère antisémite ? Cette question en apparence drolatique est apparemment résolue en Allemagne, où les bien-pensants de l’écologie militante ont déclaré le fondateur britannique du mouvement, Roger Hallam, persona grata. L’intéressé vient de donner une interview maladroite au Zeit, où il banalise maladroitement l’Holocauste. Si cet anathème paraît excessif, la question du racialisme dans l’écologie radicale mérite d’être étudiée avec attention.

 

 

 

Lorsqu’il a donné son interview au Zeit, Roger Hallam, le britannique fondateur du mouvement Extinction-Rébellion, ne s’attendait sans doute pas à produire une polémique aussi virulente avec des propos aussi maladroits.

Extinction-Rébellion pris dans la tourmente de l’antisémitisme

Sur le fond, voici ce qu’a déclaré Roger Hallam:

« Le fait est que des millions de gens ont régulièrement été tués dans des circonstances cruelles au cours de l’histoire », a-t-il souligné, jugeant que l’Holocauste, au cours duquel 6 millions de juifs ont été exterminés, n’était « qu’une simple connerie de plus dans l’histoire humaine ».

Ramener la destruction massive des Juifs des années 40 à une « simple connerie de plus » était pour ainsi dire le blasphème à ne pas commettre dans la bouche d’un chef à plumes écologistes.

Immédiatement, tout ce que l’écologie compte de bien-pensants (y compris EELV en France) a lourdement condamné ce sinistre individu qui, pour un peu, serait taxé de négationnisme ou de sympathies nazies. On remarquera tout de même, et on va voir pour quoi, qu’Hallam ne nie pas l’Holocauste. Il en relativise seulement la portée historique, ce qui lui vaut d’être accusé de « révisionnisme ».

Un mouvement financé par George Soros

Sur le fond, l’accusation ne tient évidemment pas, en tout cas pas de façon aussi simpliste. En effet, Extinction-Rébellion est financé par des hyper-capitalistes américains comme George Soros, et quelques autres, qui ne peuvent guère être soupçonnés d’antisémitisme. Globalement, ce mouvement écologiste radical se situe dans une mouvance bienveillante, qui ne colle pas avec le stéréotype de l’antisémitisme classique.

Mais il est vrai que, dans le débat public, ce genre de nuances importe désormais assez peu. Il suffit de voir la polémique autour de l’article un peu dur de Valeurs Actuelles sur Benjamin Stora où l’historien fétiche de la gauche bien-pensante s’estime victime d’attaques antisémites pour comprendre que ce mot sert désormais à tout et à rien.

Mondialisme, indigénisme et banalisation de l’Holocauste

Si les accusations simplistes d’antisémitisme proférées par les Jadot et consors contre Hallam ne paraissent pas tenir, en revanche, il n’est pas inutile d’interroger l’impact des discours mondialistes et indigénistes du même Hallam et de son mouvement sur la banalisation de l’Holocauste. Car, comme nous le montrons par ailleurs, Extinction Rébellion partout dans le monde (sauf en France) est un véhicule du nouveau racialisme qui occupe les esprits occidentaux.

Dans cette conception de l’histoire attache à la « biodiversité », l’homme blanc doit s’excuser pour toutes les turpitudes qu’il a causées au reste du cosmos, c’est-à-dire aux végétaux, aux animaux et aux autres humaines. Dans ce registre de la culpabilité de l’homme blanc, qui est sans limite et sans fin, l’Holocauste n’est qu’une ligne parmi d’autres au chapitre des tragédies historiques, quelque part entre les massacres d’indigènes en Afrique et en Amérique du Sud, et le génocide rwandais (forcément causé par les Blancs).

Voilà comment l’écologie selon Extinction-Rébellion mène directement à la banalisation de l’Holocauste : tuer des Juifs n’est que l’une des facettes meurtrières de ces grands méchants que sont les Occidentaux, ennemis patentés de la diversité du vivant.

Extinction-Rébellion, écologie superficielle, mais décolonialisme profond

Cette polémique n’est pas en soi inintéressante, car elle met en lumière les ambiguïtés humaines d’Extinction-Rébellion et d’un certain nombre d’autres mouvements « décoloniaux ».

En lisant la littérature d’Extinction-Rébellion et de ses sympathisants, on reste un peu perplexe sur la profondeur de son attachement  à l’écologie. Comme nous le montrons dans nos colonnes, Extinction-Rébellion appelle moins à un respect de la nature qu’à un sauvetage de la civilisation humaine. On retrouve ici ce qu’Arne Naess appelait l’écologie superficielle. L’enjeu est moins de retrouver un équilibre avec les principes du cosmos que de permettre la survie d’un modèle de prospérité.

L’originalité des écologistes radicaux tient à leur conviction selon laquelle cette survie de l’humanité n’est possible qu’en mettant les Occidentaux plus bas que terre, et en les forçant à expier pour leurs trop nombreux péchés, et pour leurs trop grandes jouissances. D’où ces accusations contre les génocides et les meurtres de toutes sortes dont l’homme blanc se serait rendu coupable et qui lui imposeraient aujourd’hui de demander pardon à la terre entière.

On n’est pas sûr que cette anthropologie ne cache pas, en son tréfond, un nouveau racisme (puisqu’elle donne une place diabolique aux Blancs, ce qui est une façon d’en faire des Dieux). Mais on est en tout cas convaincu que le décolonialisme y tient une place plus importante que l’écologie.

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