Au vu de l’actualité un peu folle de de ces derniers mois, la question des dernières élections présidentielles roumaines était un peu tombée dans l’oubli. Elle avait cependant fait grand bruit à l’époque, une annulation d’un scrutin par une instance constitutionnelle étant un fait inédit en Europe…. voire dans le monde.

On va probablement en reparler, dans la mesure où un rapport (controversé) du Congrès américain remet en cause l'annulation des élections présidentielles roumaines de 2024 et pointe du doigt l'Union européenne plutôt que la Russie.
Le 3 février 2026, le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis publié un rapport intérimaire intitulé « The Foreign Censorship Threat, Part II : Europe'sDecade-Long Campaign to Censor the Global Internet and How It Harms American Speech ». Ce document de plus de 160 pages, basé sur des milliers de documents internes obtenus sous subpoena auprès de grandes plateformes comme TikTok, Meta, Google et X, accuse la Commission européenne d'avoir mené une campagne de censure mondiale depuis une décennie.
Il affirme que l'UE a exercé des pressions sur les réseaux sociaux pour modérer des contenus politiques, souvent au détriment de voix populistes ou conservatrices, y compris pendant des périodes électorales.
1. Comment s’est déroulé le processus électoral en 2024 ?
En novembre 2024 se tient le premier tour de l’élection présidentielle roumaine.
Călin GEORGESCU, candidat ultranationaliste, populiste d’extrême droite (pro-russe, anti-OTAN, anti-UE dans ses discours), remporte la surprise du premier tour avec environ 23 % des voix, devant des candidats plus établis.
Des soupçons surgissent d’emblée : une campagne massive sur TikTok amplifiant de milliers de comptes sur amplifiant ses messages, des boosts artificiels d’engagement, alors qu’il était quasi inconnu avant.

Au début du mois de décembre 2024, Le président Klaus IHOANNIS déclassifie des rapports des services de renseignement roumains (SRI, etc.) alléguant une ingérence russe : opération hybride via TikTok, Telegram, cyberattaques, réseau de comptes coordonnés (souvent cités ~25 000 comptes dormants activés soudainement).
La Commission européenne et les USA expriment des préoccupations, invoquant la nécessité de soutenir l’intégrité démocratique.
Le 6 décembre 2024, la Cour constitutionnelle roumaine annule unanimement les résultats du premier tour (décision historique et sans précédent). Motif officiel : irrégularités multiples, violations de la loi électorale, transparence compromise, et soupçons d’ingérence étrangère massive qui ont faussé le processus électoral. Le scrutin entier est à refaire, et donc pas juste le second tour.

Le premier tour, qui fut organisé une nouvelle fois en mai 2025, vit Georgescu disqualifié au profit d’un candidat pro-européen et pro-establishment, Nicușor DAN.
Diverses enquêtes pénales ont été immédiatement initiées contre GEORGESCU pour financement illégal, liens extrémistes, etc.
L’UE et certains observateurs avaient salué la protection de la démocratie. D’autres (y compris Georgescu, ses soutiens, et certains analystes) crient au « coup d’État institutionnel » ou à une censure politique.

