Il y a un an, jour pour jour, le "Trump 2.0" s'installait à la Maison-Blanche dans une atmosphère de kermesse impériale, promettant de "finir le travail" et de restaurer la grandeur d'une Amérique humiliée. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et la politique de Trump ne porte-t-elle pas aujourd'hui en germe une immense déception, toxique, létale, pour ce qu'on appelle le populisme ?

Il y a un an, donc, les élites mondialisées de Davos tremblaient — ou feignaient de trembler —, les marchés retenaient leur souffle, et le "peuple", cette entité mystique que le populisme invoque sans cesse sans jamais réellement le définir clairement, espérait le Grand Soir conservateur. Janvier 2026 nous offre un tout autre spectacle : celui d'un naufrage méthodique, non pas causé par l'opposition démocrate ou par les intrigues de l'État profond, mais par l'hubris même du trumpisme.

La question qui se pose aujourd'hui, avec une gravité que peu d'observateurs osent encore formuler, n'est pas de savoir si Donald Trump va réussir son mandat. La question est de savoir s'il n'est pas en train d'organiser, par une sorte de suicide politique assisté, l'euthanasie définitive du populisme "MAGA" (Make America Great Again), et par contagion, de pulvériser les espoirs des droites souverainistes en Europe. Car à force de "gagner" contre le réel, Trump est en train de perdre sa base. Et le prix à payer pour cet échec sera lourd : le discrédit durable de l'idée même de souveraineté populaire.
Le grand mensonge du protectionnisme : quand le tarif devient un impôt sur les pauvrnes
Le cœur du pacte trumpiste reposait sur une promesse économique simple, presque biblique : le retour de l'industrie, la protection de l'ouvrier contre la concurrence déloyale, et la prospérité retrouvée par la fermeture des frontières commerciales. C'était la doctrine du "Jour de la Libération", ce 2 avril 2025, où le président a imposé un tarif universel de 10 % sur toutes les importations.
Un an plus tard, le constat est cruel. Ce que la technostructure de la Maison-Blanche a vendu comme une taxe sur l'étranger s'est révélé être, dans la plus pure tradition de l'illusionnisme fiscal, une ponction brutale sur le pouvoir d'achat des classes populaires américaines. Les chiffres, têtus, sont là pour témoigner de cette trahison. L'inflation, que l'on disait vaincue, s'est réinstallée insidieusement dans le quotidien des ménages, non pas par la surchauffe de la demande, mais par le renchérissement artificiel des biens de consommation courante.
Pour le foyer américain moyen, la facture de cette "guerre commerciale" s'élève désormais à près de 3 800 dollars par an. Mais cette moyenne cache une réalité sociale bien plus violente : l'inflation tarifaire est un impôt régressif. Elle frappe le "petit blanc" du Kentucky ou l'ouvrier latino du Texas bien plus durement que le cadre supérieur de Manhattan. Le prix des vêtements a bondi de 14 %, celui des équipements domestiques de 8 %. Pendant que la caste financière continue de s'enrichir grâce à une bourse dopée par l'intelligence artificielle et les promesses de dérégulation, la base électorale de Trump voit son caddie se vider.

