Pourquoi les petits patrons sont tétanisés lorsqu'ils doivent recruter

Pourquoi les petits patrons sont tétanisés lorsqu'ils doivent recruter


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On nous rebat les oreilles avec le « plein emploi » et la « mission sociale de l'entreprise ». Mais sur le terrain, dans la France réelle — celle des ateliers, des commerces et des TPE — le son de cloche est radicalement différent. Le petit patron français ne recrute plus. Pire : il est tétanisé lorsqu'il lance une offre d'emploi. Et pour cause, l’acte d’embauche est devenu, dans notre régime de caste, un acte d’auto-sabotage.

Voici pourquoi le "petit patron" préfère aujourd'hui stagner que d'ouvrir sa porte à un nouveau collaborateur.

1. Le recrutement : une roulette russe financière

Embaucher en France, ce n’est pas parier sur l'avenir, c'est signer un chèque en blanc à l'État. Entre le salaire net perçu par le salarié et le coût réel décaissé par l'entreprise, le gouffre fiscal est abyssal. Pour une petite structure, la moindre erreur de casting n’est pas une péripétie : c’est une sentence de mort. Dans un pays où la rentabilité est traquée comme un délit, payer 33 % de son effectif à ne rien produire (le temps qu'un nouvel arrivant soit opérationnel) relève de l'héroïsme... ou de la folie.

2. Le Code du Travail, cette guillotine permanente

La peur des Prud'hommes n'est pas un fantasme de droite, c'est une réalité statistique. Le droit du travail français n'est plus un cadre de protection, c'est une arme de destruction massive aux mains d'une bureaucratie judiciaire. Pour un patron qui travaille 70 heures par semaine, l'idée même de risquer deux ans de procédure pour un licenciement "sans cause réelle et sérieuse" (notion dont le flou ferait rougir un poète soviétique) suffit à couper toute envie d'expansion. En CDI, vous ne recrutez pas un collaborateur, vous adoptez un héritier dont vous ne pourrez plus vous séparer sans payer une rançon.

3. L'enfer administratif : la paperasse comme instrument de contrôle

Nous vivons sous le joug d'une technocratie qui a remplacé le bon sens par le formulaire Cerfa. DSN, médecine du travail, mutuelle obligatoire, entretiens professionnels... Le temps de cerveau disponible du patron est littéralement siphonné par des obligations bureaucratiques qui n'ont qu'un but : nourrir le monstre étatique. Recruter un salarié, c’est s’infliger 20 % de charge mentale administrative supplémentaire. Pour beaucoup, le choix est vite fait : mieux vaut travailler seul et dormir un peu, que d'embaucher et finir comptable de l'État.

4. Le piège des seuils : la croissance interdite

Dès que vous passez le cap des 11 ou des 50 salariés, le couperet tombe. C’est le festival des obligations : CSE, taxes diverses, représentations syndicales... L'État français a réussi ce tour de force de punir les entreprises qui réussissent. Le message envoyé aux entrepreneurs est clair : "Restez petits, restez invisibles, ou nous vous écraserons sous les contraintes". C'est le triomphe du nanisme économique organisé par la Caste.

5. La désertion du mérite

Enfin, comment ne pas parler de la difficulté à trouver des profils ? Dans une société de l'assistanat généralisé, où le travail est taxé à l'excès et l'oisiveté subventionnée, le petit patron se bat avec des armes émoussées. Il ne peut pas rivaliser avec les avantages délirants des grands groupes gavés de subventions publiques. Il se retrouve seul, face à une jeunesse à qui l'on a désappris le goût du risque et de l'effort.

Conclusion : le petit patron n'est pas "tétanisé" par manque de courage. Il est lucide. Il a compris que dans le système actuel, chaque embauche est une chaîne supplémentaire à son pied. Tant que nous n'aurons pas brisé les reins de cette bureaucratie dévorante, la France restera ce pays de "nains" économiques, condamnés à la survie plutôt qu'à la conquête.


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