Monnaie BRICS+ adossée à l’or et à une crypto dès 2026 : coup de tonnerre ou effet d’annonce ? Par Florent Machabert

Monnaie BRICS+ adossée à l’or et à une crypto dès 2026 : coup de tonnerre ou effet d’annonce ? Par Florent Machabert


Partager cet article

Et si l’once d’or avait dépassé les 4 350 $ en raison de cette nouvelle ? L’information, que certains qualifieront d’énième effet d’annonce et qu’ils jugeront purement spéculative ou relevant du « wishful thinking » anti-dollar, a pourtant fait les gros titres des médias « alternatifs »la semaine dernière :la rumeur – ou l'information donc, le présent article devant permettre d’éclairer ce débat – de la mise en œuvre dès 2026d'une monnaie BRICS+ partiellement adossée à l’or et complétée par une cryptomonnaie (le XRP de Ripple, via le XRP Ledger, étant le plus souvent mentionné, son déploiement en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine étant en progression continue) continue d’agiter un marché aurifère déjà en pleine ébullition et un écosystème des cryptos en relative débandade.

Voici notre analyse de la pièce en deux actes qui se joue sous nos yeux.

Le décor est planté : la riposte des BRICS+ vers un nouvel ordre monétaire

Le scénario est digne d'un thriller géopolitique (à moins ce ne soit un vaudeville…), mais il s'ancre dans une réalité économique tangible : le mouvement de dédollarisation engagé par les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et leurs partenaires élargis aux BRICS+ depuis le 1er janvier 2024(presque tous producteurs de pétrole : Emirats arabes unis,Egypte,Iran, Ethiopie) et à l’Indonésie depuis 2025, s’intensifie. Face à l'hégémonie persistante du dollar (qui représente encore 88% des transactions sur le marché des changes et 58% des réserves de change mondiales) et surtout à son instrumentalisation comme arme de sanction (via l’« extraterritorialité » du droit américain, qui stipule que tout échange libellé en USD, même s’il n’implique pas les Etats-Unis, peut faire l’objet d’une investigation de la CIA), la volonté des BRICS+ de riposter de façon crédible au plan monétaireest d’autant moins un secret, qu’ils représentent déjà 47% de la population mondiale, presque 57% du PIB mondial en PPA (parité de pouvoir d’achat) et plus de 27% des exportations mondiales de marchandises (contre, respectivement, presque 10%, 40% et 32% pour le G7) etqu’ils cherchent à s'affranchir simultanément du système pétrodollar et de l'emprise de SWIFT, tous deux encore majoritairement contrôlés par les USA.

Acte I : l'or

L’or s'est naturellement imposé comme le pilier de cette riposte. Les banques centrales de ces paysaccumulent le métal jaune à un rythme historique, Chine (+ 1 700 tonnes ces 20 dernières années) et Russie (+ 2 000 tonnes) en tête. L'or, actif tangible et apolitique, offre la souveraineté monétaire et une base de confiance qui fait défaut aux monnaies fiduciaires (fiat) soumises aux politiques de l’imperiumaméricain, notamment depuis la « suspension » (qui dure toujours…) de la convertibilité en or du dollar US par le Président Nixon le 15 août 1971. La rumeur d'un « étalon-or partiel »(partial gold standard) pour cette nouvelle unité de compte BRICS+ n'est donc pas totalement infondée : elle apparaîtau contraire comme une suite logique aux efforts d'accumulation et à la volonté de créer un système de règlement commercial plus souverain et plus stable.

Où vont les bourses mondiales ? par Vincent Clairmont

Où vont les bourses mondiales ? par Vincent Clairmont

La mi-mai 2026 est caractérisée par une déconnexion sans précédent entre l'optimisme des résultats d'entreprises et le durcissement des réalités macroéconomiques mondiales. Après une phase d'euphorie marquée par des sommets historiques atteints le jeudi 14 mai 2026, au cours de laquelle l'indice S&P500 a franchi pour la première fois le seuil des 7.500 points et l'indice Dow Jones s'est établi au-dessus des 50.000 points, les marchés d'actions américains et européens ont subi une correction bru


Rédaction

Rédaction

La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

Dans le cadre du reportage du Courrier à Venise (à suivre dans nos colonnes), Thibault de Varenne dresse un rappel historique de ce qu'est la Biennale d'Art de Venise, et surtout de ses ambitions diplomatiques à l'heure où la réouverture du Pavillon russe fait polémique. Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la Biennale de Venise est un sismographe sensible des séismes de la modernité, un théâtre d'ombres où la diplomatie s'écrit en filigrane sous le vernis des cimaises. Le tumulte éthiq


Rédaction

Rédaction

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation. La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représaille


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m'abonne au Courrier On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani. Pendant que la France


CDS

CDS