Masque à l’école : un élève exclu de son établissement

Masque à l’école : un élève exclu de son établissement


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Par Dimitri Jacques – Au collège Jean Pelletier, à Orléans, un élève a fait l’objet d’une mesure d’exclusion de deux jours. Son crime ? Avoir trop souvent porté son masque sanitaire sous le nez, malgré les rappels à l’ordre. La direction de l’établissement n’hésite pas à parler d’une atteinte à la sécurité de tous. Alors que les masques tombent dans les pays voisins, est-ce bien raisonnable ?

Qui aurait cru qu’un jour respirer pourrait, dès le plus jeune âge, être réglementé ? Sommes-nous dans un film de science-fiction ? Ainsi, ce collégien est-il accusé d’une attitude désinvolte et de constituer une menace pour les autres, pour avoir osé persister à respirer normalement. Des témoignages similaires nous remontent régulièrement, y compris ces derniers temps, alors que plusieurs pays voisins ont abandonné le masque à l’école et qu’il est question que la France fasse de même très prochainement. Mais certains enseignants et chefs d’établissement semblent vouloir s’y accrocher jusqu’au dernier jour.

L’obsession sanitaire de certains enseignants peut prendre la forme d’un véritable harcèlement. C’est le cas de Faustine, onze ans et en classe de sixième qui, malgré ses excellentes résultats scolaires et son comportement jusqu’ici irréprochable, est régulièrement humiliée devant les autres élèves par une professeure complètement traumatisée par le virus. Pas d’aide à attendre de la principale ou de la CPE qui, selon les parents, restent solidaires de l’enseignante. Toute demande de dialogue leur est refusée.

Une sanction infondée et disproportionnée

L’Etablissement n’explique pas en quoi l’attitude de l’élève constitue une atteinte aux personnes et à la sécurité de l’établissement. Comme si la justification du port du masque était définitivement acquise et évidente. De plus, le caractère de gravité nécessaire à une exclusion n’est évidemment pas présent. Selon l’article R. 511-12 du code de l’éducation, avant la mise en œuvre d’une éventuelle procédure disciplinaire, le chef d’établissement et l’équipe éducative doivent rechercher toute mesure utile de nature éducative. En aucun cas un élève ne peut être puni ou sanctionné pour un choix relatif à sa santé, même dans le but de la préserver.

Mais surtout, le décret du 1er juin 2021 ne prévoit aucune punition ou sanction pour le défaut de port du masque. Rappelons que le Conseil d’Etat avait jugé que le protocole sanitaire n’est pas une loi mais seulement une recommandation. Que l’Education nationale en fasse une obligation absolue, avec sanctions à la clé, peu importe l’impact sur l’enfant, sort du domaine sanitaire. Ariane Bilheran, docteure en psychologie, dit que l’individu « n’a pas validé une pensée mais enregistré un bon et un mauvais comportement associé à une peur. »

« Nous avons l’idée que cette maladie est si grave que nous devons adopter tous les moyens nécessaires pour l’empêcher de se propager. » (Pr Jay Bhattacharya, Université de Stanford)

Pour autant, la peur n’excuse pas tout et des actions juridiques sont en cours. L’avocat David Guyon et l’association Enfance & Libertés ont mis à la disposition des parents une nouvelle plateforme pour défendre les enfants face à l’obligation du port du masque en milieu scolaire. Mais de nombreux parents rechignent à se défendre, de peur que leur enfant se mette à dos l’équipe éducative et faute d’alternative pour le scolariser. Notre société semble avoir basculé dans l’exclusion systématique de tous ceux qui ne font pas comme tout le monde, ceux qui sortent du lot, peu importe la raison, même si celle-ci est médicale et justifiée.

Une obligation « sanitaire » dépourvue de fondement scientifique

Lorsqu’il existe une obligation dans le domaine de la santé, le public s’imagine que celle-ci s’appuie, puisque nous vivons dans un pays qui se veut rationnel, sur un socle de preuves scientifiques dont la solidité est proportionnelle au poids de l’obligation. Est-ce le cas ici ? Nous ne sommes plus au début d’une épidémie nouvelle, mais à la fin d’une épidémie sur laquelle énormément de données scientifiques ont été accumulées. Cela concerne non seulement l’école, mais plus largement le port du masque en population générale.

Un examen approfondi de la littérature scientifique, sur la base de 167 études et articles, conclue à une absence de preuve d’efficacité du port du masque à empêcher la propagation du virus et à infléchir les courbes de l’épidémie.

Certaines publications concluaient dès 2020 et ont été confirmées l’année suivante. Pour être scientifiquement validé, un fait doit être observable, mesurable et reproductible. Si avec presque deux ans de recul, les pays qui ont masqué les écoliers et ceux qui ne l’ont pas fait obtiennent des résultats épidémiques impossibles à différencier, alors le port du masque n’a pas de base scientifique. Il ne reste plus que des croyances, des habitudes et un conditionnement mental inquiétants qui s’expriment au détriment de la santé et de l’équilibre des enfants.

Parce qu’à défaut d’avantages, les inconvénients, eux, sont démontrés. Depuis plus d’un an, des enseignants et des orthophonistes tirent la sonnette d’alarme. Le Dr Marty Makary, chirurgien et commentateur médical, dresse un état des lieux concis : « Certains enfants n’ont aucun problème à porter un masque, d’autres oui. Ceux qui sont myopes peuvent avoir des difficultés parce que le masque embue leurs lunettes. Cela a longtemps été un problème pour les étudiants en médecine dans les salles d’opération. Les masques peuvent provoquer une acné sévère et d’autres problèmes de peau. L’inconfort du masque détourne certains enfants de l’apprentissage. En augmentant la résistance des voies respiratoires pendant l’expiration, les masques peuvent entraîner une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans le sang. Et les masques peuvent être des vecteurs d’agents pathogènes s’ils deviennent humides ou sont utilisés trop longtemps. »

Une enquête française conduite auprès de 2 954 parents sur l’année scolaire 2020-2021 montre que 54,6 % des réponses au questionnaire concernaient le port d’un masque. Les enfants, lorsqu’ils ont été interrogés par leurs parents, ont déclaré à 80,9% être régulièrement gênés par le masque. Les principaux symptômes ou changements de comportement attribués au masque, selon les parents, étaient des maux de tête (49,0 %), des difficultés d’élocution (45 %), un changement d’humeur (45,2 %) et un inconfort respiratoire (28,1 %).

Des enseignants se lèvent et disent : non !

Yvette, enseignante en CE1 dans une école de la région parisienne, n’en peut plus du protocole sanitaire et se dit personnellement en souffrance. Elle a conscience que le masque est plus nocif que bénéfique pour les enfants dont elle a la responsabilité. Ils peinent à se concentrer et à travailler efficacement avec le masque sur le nez.

«Lorsqu’un élève baisse son masque, je ne le reprends pas. Ce n’est pas un acte d’insolence, il a juste besoin de respirer!»

Mais pendant les récréations, la directrice ne l’entend pas ainsi et vient jusqu’aux portes des classes pour réprimander les élèves qui ne portent pas leur masque. Yvette décrit des scènes surréalistes, comme des enseignants qui poursuivent les enfants dans la cour de récréation pour leur ordonner de remettre leur masque. Une ambiance qu’elle ne supporte plus, qui porte atteinte à ses valeurs personnelles mais aussi, selon elle, à celles de l’école : « Je suis dans un établissement catholique, les valeurs que nous devons transmettre aux enfants sont la fraternité, la bienveillance et l’amour de son prochain. Lorsqu’on dit à un enfant qu’il est un danger pour les autres, nous en sommes loin. » Peu lui importe d’être un jour sanctionnée, sa position ne changera pas : elle doit tenir bon pour ses élèves.

Anne-Claire Rossignol, professeure de français au collège de Gouvieux dans l’Oise, n’a pas attendu que cette histoire se termine. Suspendue parce qu’elle refusait de porter un masque en classe, elle a préféré démissionner en début d’année. Le port du masque l’empêchait de donner ses cours convenablement : « Le débat sur comment aménager l’enseignement avec les masques n’a jamais eu lieu. Les élèves et leur santé psychique, la qualité de l’enseignement en temps de pandémie n’ont pas l’air d’être des sujets dignes d’intérêt. »

Raphaël Muller, recteur de l’académie d’Amiens, prétend savoir que « c’est grâce au masque qu’on a pu garder les écoles ouvertes. » Sur quoi s’appuie-t-il pour étayer cette affirmation ? Répétons-le, l’impact du port du masque à l’école sur l’incidence de l’épidémie en population générale n’a jamais été démontré. On peut donc considérer qu’il s’agit de croyances qui, répétées par des figures d’autorité, sont devenues des vérités. Parvenir à faire croire à la population, au 21e siècle, qu’une personne en bonne santé peut rendre malade les autres simplement en respirant, est un coup de maître en termes de manipulation psychologique.


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