Mars, pas la Lune : Elon Musk bouscule la politique spatiale US

Mars, pas la Lune : Elon Musk bouscule la politique spatiale US


Partager cet article

Elon Musk, le fondateur de SpaceX et de Tesla monopolise une nouvelle fois l’attention. Vendredi dernier, Elon Musk a publié sur X : «Artemis est inefficace, c’est un programme qui maximise les emplois, pas les résultats. Allons directement sur Mars. La Lune est une distraction. » Ces propos de Musk, remettent en cause la stratégie lunaire adoptée par la NASA dans le cadre du programme Artemis. A quelques jours de l’investiture de Donald Trump, le future ministre de l’efficience gouvernementale ou « Department of Government Efficiency » (DOGE)  critique ouvertement la stratégie lunaire de la NASA, malgré les milliards de dollars de contrats qu’il en retire chaque année.

La vision radicale du PDG de SpaceX remet en question le programme Artemis de la NASA et redistribue les cartes de l’exploration spatiale internationale. Jeudi dernier, Elon Musk a publié sur X.com une affirmation audacieuse : « Nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction. » .

Le programme Artemis critiqué par Musk

Ces propos, bien que caractéristiques de la franchise du milliardaire, marquent un tournant dans le débat sur l’ambition lunaire de la NASA. En effet, cette déclaration entre en contradiction directe avec le programme Artemis de la NASA, qui prévoit une série de missions sur le pôle sud de la Lune afin d’y établir une base durable dans les années à venir.

Selon Ars Technica, ces propos ne sont pas à prendre à la légère. Musk, en tant que PDG de SpaceX et acteur influent du secteur spatial, joue un rôle consultatif important auprès de la nouvelle administration Trump. Il est même derrière la nomination de Jared Isaacman, ancien commandant de mission SpaceX, au poste d’administrateur de la NASA. Musk ne dirige pas officiellement la politique spatiale américaine, mais son influence reste indéniable.

Le programme Artemis, qui vise à ramener des astronautes sur la Lune et à concurrencer la Chine dans la conquête spatiale, est un enjeu stratégique non seulement pour les États-Unis mais aussi pour ses partenaires internationaux, tels que l’Agence spatiale européenne. Cependant, de nombreux critiques, y compris Elon Musk, pointent du doigt l’inefficacité de son architecture actuelle.

Musk qualifie le programme de « structure extrêmement inefficace » et plaide pour des changements. Les conversations avec des responsables de la politique spatiale de l’administration précédente confirment que des ajustements étaient déjà envisagés sous Trump. Malgré cela, des intérêts politiques et industriels, soutenus par des géants comme Boeing et Lockheed Martin, ont maintenu le programme sur ses rails. Cette fois, avec le soutien d’acteurs privés comme SpaceX et Blue Origin, un virage plus concerté pourrait se produire.

Vers une exploration combinée Lune-Mars ?

Malgré les critiques, il est peu probable que le programme Artemis soit abandonné. Une solution hybride semble émerger : un nouvel « Artemis » pourrait inclure à la fois des missions lunaires et martiennes, tirant parti des capacités technologiques du secteur privé. SpaceX, avec son vaisseau Starship, pourrait mener la charge vers Mars, tandis que Blue Origin pourrait se concentrer sur les ambitions lunaires.

En effet, les récents propos de Jared Isaacman sur X.com soulignent cette double ambition : « Les Américains marcheront sur la Lune et Mars, et, ce faisant, nous rendrons la vie meilleure ici sur Terre. » Cette vision laisse entendre une complémentarité des efforts, où les deux projets pourraient coexister.

Par ailleurs, ces tensions sont exacerbées par la concurrence internationale, la Chine cherchant elle aussi à établir une présence durable sur la Lune.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort

Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort

L'article récent d'Eric Verhaeghe sur l'atlantisme sans nuance de CNews, et la contribution de la presse Bolloré à la vassalisation des conservateurs français par les USA a suscité la réprobation de certains lecteurs. Eric m'a donc demandé d'approfondir les techniques de manipulation utilisée par ce groupe de presse pour réussir cet avachissement du conservatisme français. Il ne s'agit en fait pas d'une simple ligne éditoriale musclée qui est à l'oeuvre. Il s’agit plutôt d’une véritable ingénie


Rédaction

Rédaction

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

Le CEO de Palantir Technologies à Davos s’est offert une provocation lors de son intervention : « Il devient difficile d’imaginer pourquoi nous aurions besoin d’une immigration de masse, sauf pour des compétences très spécialisées. » Derrière la formule choc, Alex Karp, CEO de Palantir, esquisse surtout une thèse plus profonde. L’intelligence artificielle ne se contente pas de transformer l’économie, elle fragilise les piliers institutionnels des sociétés occidentales, à commencer par l’éducati


Rédaction

Rédaction

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

On nous avait promis que la "Big Tech" était le nouvel eldorado de la croissance infinie, une machine à cash inépuisable capable de s'auto-financer sans jamais faillir. Pourtant, un signal d'alarme vient d'être tiré par le Financial Times : les géants de la Silicon Valley — Amazon, Microsoft, Meta — se sont lancés dans une course effrénée à l'endettement sur le marché obligataire américain. 1. De quoi parle-t-on vraiment ? L'information est capitale : ces entreprises, qui autrefois croulai


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe