L'Iran pourrait-il être à l'origine de la troisième guerre mondiale? par Thibault de Varenne

L'Iran pourrait-il être à l'origine de la troisième guerre mondiale? par Thibault de Varenne

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Avec une vraie discrétion, et par-delà les soubresauts de l'actualité, les Etats-Unis et l'Iran mènent des pourparlers actifs, voire laborieux, pour aboutir à un accord global incluant la question nucléaire. Mais en cas d'échec, y a-t-il un risque de dérapage nucléaire généralisé ?

Le 5 février 2026, à minuit, une porte s'est refermée sur un demi-siècle de relative certitude. Avec l'expiration du traité New START, le dernier vestige de l’architecture de contrôle des armements nucléaires entre Washington et Moscou s'est évaporé dans les limbes de l'histoire. Pour la première fois depuis les années 1970, les deux colosses qui détiennent l'essentiel du feu atomique mondial ne sont plus liés par aucune limite vérifiable. C’est dans ce silence normatif, ce que certains stratèges appellent déjà la « troisième ère nucléaire », que se joue aujourd'hui à Mascate, dans les salons feutrés du Sultanat d'Oman, une pièce de théâtre dont le dénouement pourrait bien être le premier chapitre d'une conflagration mondiale.

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Pendant que les délégations d'Abbas Araghchi et de Steve Witkoff s'évitent dans des pièces séparées, médiées par la diplomatie de couloir omanaise, le monde retient son souffle. La question n'est plus de savoir si l'Iran possède la technique — nous savons qu'il l'a — mais si l'engrenage des ego, des échecs militaires passés et de la survie des régimes nous précipitera dans l'abîme.

Le mirage de l'atome civil et la réalité du seuil

Ne nous laissons pas bercer par les « carabistouilles » diplomatiques habituelles. Le programme nucléaire iranien a franchi, en ce début d'année 2026, le seuil de non-retour technique. Malgré les frappes chirurgicales de l’opération Midnight Hammer en juin 2025, Téhéran dispose toujours d'un stock d'uranium enrichi à 60 % estimé à plus de 440 kilogrammes. Pour le profane, ce chiffre peut sembler abstrait ; pour l'expert, il est terrifiant. Passer de 60 % à 90 %, le niveau militaire, n'est qu'une formalité technique de quelques jours. L’AIEA, par la voix de Rafael Grossi, avoue à demi-mot avoir perdu la « continuité de la connaissance » : nous ne savons plus où se trouve précisément ce métal précieux, dispersé ou dissimulé après les bombardements.

Le pronostic pour 2026 est sombre. Nous ne sommes plus dans la diplomatie, mais dans la gestion de crise permanente. L'Iran n'est pas l'Irak de 2003 ; c'est un État-civilisation de 90 millions d'habitants, structuré pour le siège et rompu à la guerre asymétrique. Une attaque frontale ne résoudra rien, elle ne fera que transformer une puissance régionale contestée en un martyr nucléaire soutenu par le reste du bloc "résistant" mondial.

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Lalaina Andriamparany

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