Le coup de gueule de Steve Wozniak contre Elon Musk et la domination de la Big tech

Le coup de gueule de Steve Wozniak contre Elon Musk et la domination de la Big tech


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Lors d’une allocution au salon des développeurs Talent Arena de Barcelone,le cofondateur d’Apple, Steve Wozniak, a accusé l’engagement politique des grandes entreprises technologiques. Il n’a pas mâché ses mots concernant l’influence croissante des dirigeants de la tech, des dangers de l’intelligence artificielle et des modèles d’abonnement imposés aux utilisateurs. Sur la collaboration entre Elon Musk et Donald Trump, il a alerté sur les risques d’une Silicon Valley trop engagée dans les sphères du pouvoir politique.

Le cofondateur d’Apple, Steve Wozniak, a récemment pris la parole lors du salon des développeurs Talent Arena à Barcelone. Il a livré un discours incisif sur trois enjeux majeurs : l’implication des dirigeants de la tech dans la politique, les limites et dérives de l’intelligence artificielle, ainsi que l’impact des modèles d’abonnement sur les utilisateurs.

Big Tech et Musk en politique : une erreur selon Wozniak

Connu pour son carcatère grincheux, Steve Wozniak s’est montré sceptique face à l’idée que des chefs d’entreprises technologiques, comme Elon Musk , puissent être efficaces dans des fonctions gouvernementales, à la tête du Département de l’efficacité gouvernementale (Doge). Il estime que la gestion d’un pays requiert des compétences très différentes de celles nécessaires à la direction d’une entreprise.

Quand vous dirigez une entreprise, vous cherchez un consensus, vous négociez, vous faites des compromis. Vous ne dites pas simplement que tout est à jeter et que vous repartez de zéro
.

a-t-il expliqué. À ses yeux, Musk applique un style autoritaire et disruptif, mal adapté aux exigences du gouvernement. Cette critique s’inscrit dans un contexte où de plus en plus de figures de la Silicon Valley exercent une influence directe sur les décisions politiques.Woz a souligné:

Les grandes entreprises technologiques sont énormes. C’est comme si elles possédaient nos vies.

L’intelligence artificielle : une menace mal maîtrisée

Wozniak a également exprimé ses préoccupations quant à l’essor de l’intelligence artificielle. Tout en reconnaissant son potentiel, il met en garde contre ses limites. « Je fais confiance à l’intelligence, mais pas à l’artificiel », a-t-il ironisé, soulignant que l’IA manque de conscience et de compréhension émotionnelle.

Il s’inquiète particulièrement des risques de désinformation. Selon lui, les algorithmes sont capables de manipuler les perceptions en diffusant des contenus trompeurs. Ce danger est d’autant plus préoccupant dans un monde où les décisions sont de plus en plus influencées par les outils numériques.

Les abonnements : une dépendance imposée aux utilisateurs

Le cofondateur d’Apple a également dénoncé la transformation des modèles économiques des grandes entreprises technologiques. Il regrette l’époque où un utilisateur achetait un produit et en était propriétaire. Aujourd’hui, il déplore l’omniprésence des abonnements qui empêchent les consommateurs de véritablement posséder les services qu’ils utilisent.

« Nous devons maintenant payer en permanence, et pourtant, nous ne possédons rien »

, a-t-il déclaré. Il critique notamment le stockage des données dans le cloud, qui oblige les utilisateurs à faire confiance aux entreprises sans avoir de contrôle total sur leurs propres fichiers.

Les propos de Steve Wozniak offrent une perspective unique : celle d’un pionnier de l’informatique qui observe avec recul l’évolution de son industrie. Alors que la technologie s’immisce toujours plus dans la politique et le quotidien des citoyens, son avertissement résonne comme un appel à la vigilance.


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