La grande illusion de l'IA et le pari dangereux de la Fed

La grande illusion de l'IA et le pari dangereux de la Fed


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Le "FOMO" que nous avions annoncé fin août se produit, pour les raisons que nous avions dites. Face à cet oiseau de mauvais augure, nous rappelons les manoeuvres de prudence pour éviter la ruine, au cas où elle surviendrait.

Nous assistons à un spectacle fascinant, presque trop parfait pour être honnête. D'un côté, les grands prêtres de la finance, réunis au sein de la Réserve Fédérale américaine, commencent à ouvrir les vannes du crédit facile en baissant leurs taux. De l'autre, une nouvelle religion technologique, celle de l'intelligence artificielle, promet le salut économique et des rendements infinis. La convergence de ces deux phénomènes a mis les marchés en état d'euphorie, propulsant les indices vers des sommets historiques. 

Mais derrière cette musique enivrante, une question simple se pose : assistons-nous à une aube nouvelle ou à la plus grande illusion financière de la décennie? Pour l'épargnant, le citoyen qui observe ce ballet avec un mélange d'envie et d'inquiétude, la question est encore plus directe : faut-il céder à la peur de manquer le train, ce fameux « FOMO » qui semble s'emparer de tous? 

Le tour de passe-passe de la Fed

Pour comprendre la situation, il faut d'abord regarder du côté des magiciens. La Fed, sous la houlette de Jerome Powell, a justifié sa baisse de taux par un affaiblissement du marché du travail. Le discours officiel est celui de la prudence, de la gestion des risques. Mais la réalité est plus ambiguë. En assouplissant sa politique alors que l'inflation reste obstinément au-dessus de sa cible de 2 %, la Fed a fait un choix. Elle a choisi de soutenir les actifs financiers et de donner un signal clair aux marchés : la fête peut continuer.  

Voeux pour 2026 : sortons de l'avachissement contre J.D. Vance !

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Je souhaite à tous une bonne année : celle d'une remise en selle pour sortir de notre avachissement. Pour cette occasion, je publie ma réponse à la question posée par QuestionR, sur la différence entre la théorie de J.D. Vance sur l'affaiblissement moral aux USA et mon concept d'avachissement. Meilleurs voeux au terme de cette lecture ! Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement QuestionR pour cette interpellation qui, loin d'être anecdotique, touche au cœur même du réacteur nucléaire


Éric Verhaeghe

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Pourquoi les Français acceptent qu'un footballeur devienne millionnaire mais pas un député

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Il est de bon ton, dans les dîners en ville de la rive gauche et au sein de la technostructure qui nous gouverne, de déplorer le "populisme" ambiant. On s'y étonne, entre la poire et le fromage, de cette étrange schizophrénie du peuple français : comment peut-on, dans un même souffle, aduler un Kylian Mbappé ou un Cristiano Ronaldo gagnant 200 millions d'euros par an, et vouer une haine féroce à un député de la République dont l'indemnité, bien que confortable, est infiniment moindre? Pour la C


Éric Verhaeghe

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Tocqueville avait tout prévu : bienvenue dans l'ère de l'avachissement

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Relire Alexis de Tocqueville en cette fin d'année 2025, alors que la France s'enfonce dans l'hiver fiscal et le marasme technocratique, n'est pas un exercice intellectuel. C'est un constat d'autopsie. Ce que l'aristocrate normand décrivait avec effroi en 1840 dans la seconde partie de De la démocratie en Amérique, ce n'était pas le totalitarisme brutal du XXe siècle, celui des goulags et des bruits de bottes. Non, Tocqueville avait vu plus loin. Il avait vu le « Great Reset » avant la lettre. Il


Éric Verhaeghe

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Le Nudge ou la fin programmée du libre arbitre : pourquoi il est urgent de lire Rizzo et Whitman

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Éric Verhaeghe

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