La correction du marché n'est pas sûre, mais elle est si probable, par Vincent Clairmont

La correction du marché n'est pas sûre, mais elle est si probable, par Vincent Clairmont


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Nous y sommes. Le consensus mou qui nous promettait un « atterrissage en douceur » universel et une baisse synchronisée des taux s'est fracassé sur le mur de la réalité. En ce début d'année 2026, les marchés n'offrent plus de repas gratuit. Nous entrons dans l'ère de la « résilience fragile ». Si la croissance mondiale tient bon (autour de 3,3 %), elle masque une fracture tectonique entre les blocs économiques. L'investisseur qui navigue en 2026 avec une carte de 2024 court au naufrage.

Pour ce premier semestre, l'analyse des flux et des fondamentaux impose une stratégie de rupture : fuir la dette souveraine européenne « cœur », écrémer la technologie survalorisée, et redéployer le capital vers les actifs réels et les juridictions qui ont compris que la fiscalité est une arme de guerre économique. Voici votre feuille de route.

I. L'illusion monétaire et le piège de la dette française

Commençons par ce qui fâche. L'Europe est malade, et son remède habituel — l'argent gratuit — n'est plus disponible. La Banque Centrale Européenne est piégée. Avec une inflation qui glisse vers 1,9 %  mais une croissance anémique de 1,3 % , elle devrait couper les taux massivement. Elle ne le fera pas, ou trop lentement, tétanisée par la « viscosité » des salaires.

Ivresse des sommets,vertige de la chute : chronique d’un trimestre à haut risque, par Vincent Clairmont
Si l’on s’en tenait à la surface des choses, à la lecture distrait des indices boursiers qui flirtent encore avec leurs plus hauts historiques, on pourrait croire que le scénario du « Goldilocks » — cette boucle d’or d’une croissance modérée et d’une inflation vaincue — est définitivement acquis.

Mais le véritable danger se situe sur le marché obligataire. La France n'est plus l'Allemagne. Avec un déficit public qui s'entête à 4,9 % du PIB en 2026 et une dette filant vers les 118 % , Paris a perdu son statut d'emprunteur sans risque. Le marché a rendu son verdict : le spread OAT-Bund (l'écart de taux entre la France et l'Allemagne) s'installe structurellement dans la zone dangereuse des 65-80 points de base.

Pourquoi le lingot d’or à 150.000€ n’est plus un mirage, par Vincent Clairmont
L’or vient de nous offrir une leçon d’humilité magistrale : une hausse annuelle de près de 70 % en 2025, pulvérisant tous les records depuis 1979. Mais est-ce fini ? Nous voici donc perchés sur la ligne de crête des 4 440 - 4 500 dollars l’once. La question qui brûle les lèvres

L'implication opérationnelle est brutale : sortez de la dette longue française. La prime de risque politique et budgétaire n'est pas suffisamment rémunérée. Si vous devez rester en zone euro, privilégiez le crédit Investment Grade de courte duration (1-3 ans) qui offre un rendement réel sans vous exposer à la volatilité de la signature étatique française.

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II. L'équation américaine : le mirage de l'IA et le mur de la dette immo

Outre-Atlantique, l'économie américaine continue de défier la gravité (+2,4 % de PIB prévu) , dopée par un cycle d'investissement technologique massif. Mais attention aux mirages.

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