Justice spectacle ou secret d'État ? Le duel Clinton-Trump enterre l’affaire Epstein

Justice spectacle ou secret d'État ? Le duel Clinton-Trump enterre l’affaire Epstein


Partager cet article

Six ans après la mort en détention du financier, Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel pédocriminel, le Congrès peine toujours à établir des responsabilités claires. Dernier épisode en date : le refus de Bill et Hillary Clinton de témoigner devant la commission d’enquête de la Chambre des représentants, dirigée par le républicain James Comer. En refusant de témoigner, le couple défie l'administration Trump et dénonce une manœuvre politique, illustrant une fois de plus l'arrogance d'une caste au-dessus des lois.

Hillary et Bill Clinton ont reçu une convocation de la part du Congrès américain, leur demandant de témoigner dans le cadre de l’affaire Epstein. L’ancien couple présidentiel a adressé un courrier aux Républicains, annonçant leur refus de comparaître.

Un défi lancé au Congrès

Les Clinton invoquent la « motivation politique » des auditions, accusant les républicains de vouloir les « embarrasser ». En face, James Comer agite les voyages en « Lolita Express » et les visites à la Maison Blanche. Chaque camp campe dans son rôle : l’un criant à la chasse aux sorcières, l’autre à l’obstruction. Le débat se déplace ainsi sur le terrain du conflit partisan, stérile et médiatique.

Epstein a présenté une modèle polonaise de 20 ans à Bill Gates en 2014 !
C’est le Wall Street Journal qui le révèle dans une enquête très fouillée : alors qu’il avait écopé d’une peine

L’ancien couple présidentiel a adressé une lettre expliquant ce choix risqué au président de la commission, le républicain James Corner. Dans ce courrier de 4 pages révélé par la chaîne CNN, les époux Clinton ont déclaré qu’ils sont « injustement poursuivis » et que cette citation à comparaître est « invalide et juridiquement inapplicable ».

Lady Victoria Hervey says Epstein and Clinton ‘were like brothers’
In ITV’s documentary ‘Ghislaine, Prince Andrew and the Paedophile’ which aired on Tuesday night, Lady Victoria described former US president Bill Clinton as being ‘very close’ to Jeffrey Epstein.′

Ils reprochent notamment à James Comer de ne pas avoir exigé du ministère de la Justice la publication intégrale des dossiers Epstein, comme le prévoit pourtant une loi adoptée en novembre.

Pour les Clinton, l’essentiel est ailleurs : comprendre pourquoi Epstein a pu agir pendant des décennies avec une telle impunité, et pourquoi l’appareil judiciaire et politique américain a failli à le poursuivre efficacement.

Des zones d’ombre qui persistent

James Comer n’a pas tardé à répliquer. Il affirme qu’Epstein s’est rendu à la Maison-Blanche à 17 reprises sous la présidence Clinton et que Bill Clinton aurait voyagé 27 fois à bord de l’avion privé du financier après son mandat. Officiellement, aucune accusation n’est formulée, mais les « questions » demeurent, insiste le président de la commission.

Affaire Epstein : le spectre d’un nouveau Watergate rode, par Thibault de Varenne
À la fin de l’année 2025, l’administration du président Donald Trump est confrontée à une convergence de crises qui menacent de paralyser l’exécutif américain. Alors que la Maison Blanche est engagée dans une lutte acharnée avec le Congrès, entraînant une “paralysie budgétaire” (government shutdown) prolongée, l’opposition démocrate a intensifié la

Bill Clinton a toujours nié avoir eu connaissance des crimes d’Epstein et affirme ne plus avoir été en contact avec lui depuis plus de dix ans avant son arrestation. Des dénégations qui n’ont jamais été véritablement confrontées à une enquête publique exhaustive.

Affaire Epstein : en quoi les révélations du New York Times embarrassent Trump, par Elise Rochefort
Le New York Times vient de révéler des emails d’Epstein et de son entourage soutenant que Donald Trump était parfaitement au courant du “commerce” d’Epstein et de son caractère délictueux. Voici en quoi ces révélations sont gênantes pour POTUS. Les nouvelles révélations du New York Times sur les emails entre

Le comportement des Clinton est celui d’une élite convaincue de son impunité et maîtrisant les rouages de l’appareil étatique pour se protéger. Leur promesse d’un « long combat juridique » est un calcul : user de la lenteur procédurière et du coût exorbitant des procédures pour épuiser et enterrer la demande de transparence. Plus révélateur encore est l’attitude de l’appareil d’État lui-même. La loi exigeait la publication intégrale des documents Epstein. Fin décembre, l’administration Trump a commencé à publier des milliers de documents liés à Epstein. Mais la promesse de transparence reste largement inaboutie : dossiers incomplets, pages entièrement noircies, fichiers caviardés.

L’affrontement entre les Clinton et la commission Comer souligne l’échec du système de « checks and balances ». D'un côté, des figures historiques refusent de rendre des comptes sur leurs liens avec un prédateur sexuel notoire ; de l'autre, un pouvoir qui utilise la transparence de manière sélective. Les Clinton et Comer jouent la même pièce, alternant les rôles de persécuteur et de persécuté selon qui détient temporairement le pouvoir.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Quelle procédure démocratique Macron devrait-il respecter pour envoyer le Charles De Gaulle au Moyen-Orient? par Thibault de Varenne

Quelle procédure démocratique Macron devrait-il respecter pour envoyer le Charles De Gaulle au Moyen-Orient? par Thibault de Varenne

L'actualité : Emmanuel Macron a ordonné le 3 mars 2026 le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et de son escorte vers la Méditerranée orientale. Face à l'escalade entre l'Iran, Israël et les États-Unis, ce mouvement de force pose une question juridique brûlante : le Président agit-il dans les clous de la Constitution ou engage-t-il la France dans une guerre sans l'aval du Parlement ? Pourquoi c'est important : Sous la Ve République, le "domaine réservé" donne au chef de l'État une l


Rédaction

Rédaction

Les 3 meilleures opportunités boursières pour s'enrichir avec la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

Les 3 meilleures opportunités boursières pour s'enrichir avec la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

En un mot : l'économie de guerre s'installe L'Operation Epic Fury, lancée le 28 février 2026, a transformé la prime de risque géopolitique en une composante structurelle des portefeuilles. Avec 20 % du pétrole mondial et du GNL virtuellement bloqués au détroit d'Ormuz, le marché ne joue plus la spéculation, mais la résilience souveraine. Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent ClairmontL’essentiel : après une année 2025 placée sous le signe d’une résil


Rédaction

Rédaction

Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent Clairmont

Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent Clairmont

L'essentiel : après une année 2025 placée sous le signe d'une résilience précaire, l'économie française bascule en mars 2026 dans une zone de turbulences majeures. La probabilité d'une entrée en stagflation — ce mélange toxique de croissance atone, de chômage en hausse et d'inflation persistante — dépasse désormais les 55% pour les six prochains mois. Le chiffre : 1,5%. C'est le niveau d'inflation IPCH vers lequel la France se dirige à cause du rebond des prix de l'énergie, alors que le chôm


Rédaction

Rédaction

La "dissuasion avancée" de Macron : ce qu'elle change, par Elise Rochefort

La "dissuasion avancée" de Macron : ce qu'elle change, par Elise Rochefort

Le discours prononcé par le Président Emmanuel Macron sur la base de l'Île-Longue, le 2 mars 2026, marque une rupture historique avec la posture de « stricte suffisance » héritée de l'après-Guerre froide. Cette évolution n'est pas une simple adaptation technique, mais une réponse systémique à l'effondrement des cadres multilatéraux et à l'émergence d'un « âge d'armes nucléaires » où la force redevient le seul arbitre des relations internationales. Un nouveau paradigme : la « dissuasion ava


Rédaction

Rédaction