InTouch IA : vous êtes débordé (e)? Un robot appelle vos parents à votre place

InTouch IA : vous êtes débordé (e)? Un robot appelle vos parents à votre place


Partager cet article

Vous n’avez pas le temps d’appeler vos proches âgés ? La start-up InTouch a conçu une intelligence artificielle qui téléphone chaque jour à vos parents ou grands-parents pour s’assurer qu’ils vont bien. Moyennant un abonnement de 29,90 dollars par mois, le système appelle automatiquement  vos proches, leur parle de leurs centres d’intérêt et vous envoie un compte rendu avec un indicateur de leur humeur. Cette initiative pensée pour rassurer les familles et détecter d’éventuels signes de solitude ou de mal-être a été testée par un journaliste de 404 Media. Le dispositif pour les enfants débordés divise entre praticité technologique et inquiétude éthique. La mère du jouranliste, mise à contribution pour l’expérience, a critiqué la voix de l’IA qu’elle juge « froide et robotique ».

Une start-up américaine propose un service d’appels automatisés. Objectif : maintenir le lien social quand vous êtes débordé. Joseph Cox, journaliste chez 404 Media, a testé le service avec un faux profil de grand-père. Il constate que les appels fonctionnent techniquement et que les rapports générés sont clairs. Toutefois, il reste dubitatif : « Je serais personnellement insulté si mon enfant déléguait ses appels à un robot ».

Un service qui remplace (ou complète) les appels familiaux

La start-up InTouch IA propose un service où une intelligence artificielle appelle quotidiennement vos proches âgés pour prendre de leurs nouvelles. Pour 29,90 $ (environ 27 euros) par mois, l’IA engage une conversation basée sur leurs centres d’intérêt, analyse leur humeur et transmet un résumé à la famille.

Le fondateur d’InTouch, Vassili Le Moigne, explique avoir créé ce service pour garder un lien avec sa mère âgée de 88 ans, tout en reconnaissant que cela ne remplace pas les vrais échanges humains.

Il défend son initiative comme un soutien, non un remplacement. Il souligne qu’il continue à l’appeler et à lui rendre visite régulièrement. L’IA, insiste-t-il, « ne remplacera jamais une touche humaine ». Elle est là pour « compléter », pas pour « effacer » les relations réelles, il a indiqué:

« Je ne veux pas remplacer les appels et les visites de la famille, jamais. Je veux les compléter. »

Véritable innovation ou relation déshumanisée ?

Le débat ne s’arrête pas aux aspects techniques. Hongtu Chen, chercheur à Harvard, alerte sur les dangers d’une substitution affective :

« L’IA ne peut remplacer les souvenirs partagés, les émotions construites sur des années. Les conversations humaines sont remplies de souvenirs, d’émotions et de complicité. L’IA ne peut pas reproduire cela. ».

Pour lui, cette technologie, bien que prometteuse, risque de créer un vide émotionnel. Il craint que ces appels deviennent une fausse solution, donnant l’illusion du contact sans la chaleur humaine.Il plaide pour une utilisation « avec humilité, honnêteté, et conscience du pouvoir symbolique de la présence humaine ».

Lors d’un essai, l’IA a bien appelé, posé des questions et généré un compte-rendu. Cependant, le ton était mécanique, comme un « appel commercial automatisé », selon la mère du journaliste testeur. Elle a déclaré:

« La parole est trop rapide. On dirait un appel commercial d’entreprise. »

Si le système détecte une « mauvaise humeur » ou des appels manqués, il alerte la famille.

Si l’IA peut servir d’outil complémentaire pour maintenir le lien avec des proches éloignés, elle ne saurait se substituer à l’affection, à l’écoute et aux échanges humains. Pour certains, elle représente un « filet de sécurité » ; pour d’autres, un symbole de désengagement affectif. Reste à savoir si ce type de service trouvera sa place dans un monde où le temps manque mais où le besoin de chaleur humaine demeure fondamental.

Par ailleurs, la reproduction vocale et la création de contenus trompeurs via l’intelligence artificielle deviennent chaque jour plus accessibles, sophistiquées et réalistes. D’après des chercheurs du MIT, « ces nouveaux moyens de communication — comme l’imitation d’un proche — sont de plus en plus aboutis, au point de devenir indétectables pour les utilisateurs et de plus en plus difficiles à repérer par les outils anti-hameçonnage ».



Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

C’est un refrain que la France entonne avec une régularité de métronome. Hier Alstom, Technip ou Photonis ; aujourd’hui LMB Aerospace. À chaque fois, la même sidération de façade, le même théâtre d’ombres parlementaire et, au final, la même signature au bas du contrat de cession. Alors que le dossier a été bouclé dans un silence de cathédrale en décembre 2025, la question revient, lancinante : la France de Macron vient-elle, une fois de plus, de brader sa souveraineté aux États-Unis ? Nous a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe