Inflation à 1,2 % : la “bonne nouvelle” statistique qui masque la réalité du pouvoir d’achat
Photo by Jakub Żerdzicki / Unsplash

Inflation à 1,2 % : la “bonne nouvelle” statistique qui masque la réalité du pouvoir d’achat


Partager cet article

Alors que l’Insee annonce une inflation annuelle de 1,2 % en septembre, la France se félicite d’une stabilité apparente des prix. Mais derrière ces chiffres “rassurants”, la grande distribution, les services et l’énergie révèlent une autre vérité : celle d’une érosion silencieuse du pouvoir d’achat, masquée par les moyennes statistiques.

Selon les dernières études publiées par l’Insee, les prix à la consommation ont connu une baisse de 1% sur un mois en septembre 2025 et une hausse de 1,2% sur un an. Quant aux prix des produits de grande consommation vendus dans la grande distribution, ils ont augmenté de 1,2% en un an. L’inflation qui a touché un grand nombre de domaines a donc eu un impact majeur sur le pouvoir d’achat des ménages.  

L’évaluation de l’indice des prix à la consommation

Selon la nouvelle étude de l’Insee, l’indice des prix à la consommation (IPC) a diminué de 1,0% sur un mois. Ce recul est lié à la baisse des prix des services, notamment ceux de l’hébergement et des transports ainsi que des prix de l’alimentation  (-0,2%).  L’institut a également constaté un ralentissement des prix des produits manufacturés. En revanche, les prix du tabac sont de nouveau stables.

Sur un an, l’IPC a augmenté de 1,2% en septembre 2025, contre 0,9% en août. Cette hausse est due à l’augmentation des prix des services (+ 2,4 % après +1,6%). Les prix des services de santé ont fortement accéléré en un an (+2,6% après +1,6%). Les loyers ont également évolué et les prix de l’alimentation ont légèrement accéléré (+1,7%). Dans le secteur énergie, on constate un rebondissement des prix des produits pétroliers et du gazole. Si les coûts de l’essence, des combustibles liquides et du gaz  ont diminué, la baisse reste faible.

En ce qui concerne les prix des produits manufacturés ont diminué de 0,4% sur un an. La baisse est plus importante pour les gros appareils ménagers (-3,2% après -1,2%), l’habillement et les chaussures. Notons toutefois que les prix des véhicules ont légèrement augmenté (+0,9% après +0,5%). Pour rappel, l’IPC permet de mesurer l’évolution moyenne d’une vaste gamme de produits et de services. Il s’agit d’un indicateur révélant l’inflation subie par les consommateurs au niveau de leurs dépenses quotidiennes.

Les données de l’Insee ont montré une hausse de l’inflation des services sur un an et une légère hausse de l’inflation alimentaire. L’énergie et les produits manufacturés n’ont pas été touchés par cette augmentation tarifaire. Leurs coûts ont baissé sur un an. Pour l’énergie, la baisse est moins marquée. Par contre, l’évaluation mensuelle indique une légère baisse des prix à la consommation.

Focus sur la grande distribution

L’Insee a aussi publié les résultats définitifs de l’évaluation de l’indice des prix dans la grande distribution en septembre 2025.

En septembre 2025, les prix des produits de grande consommation vendus dans la grande distribution ont également accéléré sur un an, augmentant de +1,2%, après +0,9% en août. Cette hausse est la sixième consécutive pour les prix de l'alimentation dans ce circuit de vente.

Produits Alimentaires : les prix des produits alimentaires et boissons (hors produits frais) en grande distribution ont accéléré sur un an à +1,5% (après +1,3% en août).

Produits d'Entretien et Hygiène-Beauté : sur un an, la baisse des prix des produits d'entretien et de l'hygiène-beauté s'est atténuée, passant à -1,0% en septembre, après -1,3% en août.

Des prix “en baisse” sur le papier, mais pas dans le panier

Sur un mois, les prix affichent une baisse de 1 %, principalement due à un repli saisonnier des services (-1,9 %) et des transports (-13,5 %). Cette baisse ponctuelle, souvent mise en avant par les communiqués officiels, ne reflète aucune amélioration structurelle : elle résulte simplement de la fin de la saison touristique et de promotions temporaires.

Cette situation illustre une constante de la politique économique française : on mesure l’inflation, pas la vie réelle.Le gouvernement se félicite de taux faibles tout en alourdissant la fiscalité et la réglementation sur les entreprises et les indépendants, ce qui finit par être répercuté dans les prix.

Les statistiques, elles, ne mesurent pas le coût de la bureaucratie, des normes, ni celui des services publics inefficaces.

Pour les classes moyennes, la France de 2025 reste celle des “prix calmes, mais poches vides” : la stagnation du pouvoir d’achat est bien plus pernicieuse qu’une inflation spectaculaire.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Quand le macronisme comprendra-t-il que l'UE coûte désormais plus cher qu'elle ne nous rapporte?

Quand le macronisme comprendra-t-il que l'UE coûte désormais plus cher qu'elle ne nous rapporte?

Janvier 2026 restera gravé dans les annales comme le mois du « grand désenchantement ». En l'espace de trois semaines, une succession de décisions bruxelloises a fracassé le mythe de l'Europe protectrice pour laisser place à la réalité d'une Europe prédatrice. Le « bloc central », cette alliance hétéroclite qui gouverne la France en s'accrochant au dogme fédéraliste européen comme une huître à son rocher, se trouve aujourd'hui face à une équation impossible. La défense, le commerce et l'énergie


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Banque centrale américaine: Trump piétine,  Powell résiste

Banque centrale américaine: Trump piétine, Powell résiste

L’affrontement est désormais frontal. Dimanche 11 janvier, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed), a annoncé avoir reçu une citation à comparaître. Ce n'est pas une simple procédure administrative, mais le point d'orgue d'une stratégie de déstabilisation orchestrée par la Maison-Blanche. Donald Trump entend briser l'autonomie de l'institution pour imposer son agenda économique. Aux États-Unis, une confrontation inédite oppose Donald Trump à la Réserve fédérale. En s’attaquant fro


Rédaction

Rédaction

Trump a-t-il vraiment peur de frapper le régime iranien? par Thibault de Varenne

Trump a-t-il vraiment peur de frapper le régime iranien? par Thibault de Varenne

En ce milieu de janvier 2026, alors que les rues de Téhéran, d'Ispahan et de Tabriz grondent d'une colère que la répression ne parvient plus tout à fait à étouffer, une question obsède les chancelleries occidentales et les observateurs du Moyen-Orient. Donald Trump, le président qui promettait le feu et la fureur, celui qui tweetait il y a quelques jours encore que « l'aide arrive » pour les patriotes iraniens, semble étrangement retenu. Pourquoi les divisions blindées américaines ne roulent-el


Rédaction

Rédaction

Répression en Iran : combien de morts ? par Thibault de Varenne

Répression en Iran : combien de morts ? par Thibault de Varenne

L'Iran est désormais coupée du monde, grâce à black-out numérique sans précédent pour le pays. Pendant ce temps, la presse subventionnée ou étrangère glose sur le nombre de morts du fait d'une répression sans état d'âme. Alors, l'Iran, combien de morts ? Et quelle est la fiabilité des sources citées. Depuis le 8 janvier dernier, la République Islamique d’Iran a disparu des radars. En abaissant le "kill-switch" numérique avec une brutalité inédite, coupant les lignes fixes et mobiles, le régime


Rédaction

Rédaction