Le 23 mars, le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM) a appelé ses agents à quitter les communes dirigées par La France insoumise ou ses alliés. En toile de fond : désarmement, tensions politiques et soupçons d’insécurité. Dans les faits, c’est une mise en cause directe de la légitimité des urnes qui s’exprime, déguisée en alerte sociale.

Le lundi 23 mars, le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM) a publié un communiqué demandant aux policiers municipaux de « fuir les communes LFI ». Depuis leur victoire aux élections municipales, plusieurs maires de La France Insoumise ont annoncé leur intention de mettre en exécution leur projet de désarmer progressivement la police. A Saint-Denis, cette décision est en train de provoquer le départ de nombreux agents.
Ce week-end, tout nouvel abonnement à 79€ vous donnera accès à notre tout nouveau Dossier opérationnel gratuit de l'épargne anti-stagflation. Ne le manquez pas !
L'offre est valable jusqu'à lundi 10h.
Polémique autour du projet de désarmement de la police
Les candidats à la mairie de La France Insoumise ont remporté la victoire dans une dizaine de communes lors des élections municipales. A peine élus, ils ont annoncé leur projet de désarmer progressivement la police municipale (PM). Les agents et leurs représentants syndicaux sont évidemment contre une telle décision. Le lundi 23 mars, le SDPM a publié un communiqué comportant le message suivant : « Les Policiers Municipaux doivent fuir les communes LFI ».

« Eu égard aux déclarations répétées de LFI, particulièrement hostiles aux forces de l’ordre en général et aux policiers municipaux en particulier, le SDPM exprime ses plus vives inquiétudes concernant le bien-être au travail à venir des policiers municipaux de ces communes », a écrit le syndicat dans le communiqué.

A Saint-Denis, le nouveau maire Bally Bakayoko, issu de l’alliance entre insoumis et communistes, a confirmé sa décision de désarmer ses policiers, à commencer par les agents LBD (lanceur de balles de défense). Cette annonce risque de provoquer une énorme polémique dans cette ville d’Ile-de-France où les PM ont eu droit à certains privilèges. Depuis l’arrivée de Mathieu Hanotin (PS) à la tête de Saint-Denis en 2021, la ville – deuxième plus grande d’Île-de-France – a injecté plus de 20 millions d’euros dans sa police municipale : construction d’un commissariat, armement létal, quadruplement des effectifs et installation de 700 caméras.
Selon Europe 1, le directeur de la police municipale et plusieurs adjoints sont sur le départ ; au moins 70 agents ont demandé leur mutation. Le SDPM invoque « les déclarations répétées de LFI, particulièrement hostiles aux forces de l’ordre » et craint un « climat de suspicion permanent » qui rendrait impossible un travail « serein et efficace ».
Neutralité du service public ou politisation ?
La réaction ne s’est pas fait attendre, elle touche au principe de neutralité de l’État. Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police, alerte dans une note de blog : ce n’est plus un « désaccord professionnel », mais une « remise en cause des principes du service public ». En appelant à fuir en fonction de la couleur politique de la mairie, le SDPM introduit une logique de clientélisme sécuritaire intolérable dans une démocratie. La neutralité, pilier du fonctionnaire, vole en éclats.

Le débat n’est pourtant pas nouveau. Dès juillet dernier, Mathilde Panot plaidait pour le désarmement des polices municipales et la réduction de la vidéosurveillance. Des positions contestées par une partie des professionnels, mais aussi par des chercheurs comme Sebastian Roché (CNRS), qui souligne l’absence d’études solides démontrant l’efficacité de ces dispositifs sur la délinquance.

Dans ces communes souvent les plus criminogènes, LFI choisit le désarmement symbolique au moment même où les chiffres de l’insécurité explosent. Après des années de dépenses publiques pharaoniques sous un maire PS qui a choyé ses agents sans évaluation rigoureuse, le nouveau pouvoir insoumis révèle une stratégie claire : sacrifier la neutralité républicaine et la sécurité concrète sur l’autel du discours « anti-répression ».
Le syndicat policier ne fait que constater l’évidence : on ne sert pas sereinement un service public quand l’élu vous considère comme l’ennemi. Dans tous les cas, les contribuables, eux, paieront la note – une fois de plus.



