Accusée d’avoir qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité », Francesca Albanese, la porte-voix des Palestiniens à l’ONU, est la cible d’une offensive diplomatique française. Accusée d'antisémitisme, elle dénonce un "système" génocidaire à Gaza. La France exige sa démission.

Lors d'une visioconférence à Doha le 3 février, organisée par Al Jazeera, Francesca Albanese a évoqué un "ennemi commun" : le réseau financier, médiatique et militaire qui, selon elle, facilite le "génocide" à Gaza. Cette nuance, essentielle, a été occultée par une déformation relayée par la députée française Caroline Yadan sur X, puis amplifiée à l'Assemblée nationale. Résultat : le ministre Jean-Noël Barrot réclame sa révocation.
L'origine : une citation tronquée? Un tweet viral
Caroline Yadan, députée macroniste des Français de l'étranger, poste sur X : "Israël est l’ennemi commun de l’humanité", attribué à Albanese.
Ces propos antisémites tenus au Qatar, sont inqualifiables. Cette femme ne peut continuer à répandre sa propagande haineuse au nom de l'ONU dont elle détient encore le mandat.
— Caroline Yadan (@CarolineYADAN) February 8, 2026
Cette mascarade a assez duré.
Je demande officiellement au Ministre des affaires étrangères… pic.twitter.com/T22NyA30wW
Pourtant, l'enregistrement de son intervention à Doha est claire. La rapporteuse Francesca Albanese n'a jamais visé le peuple israélien ou la nation en tant que telle. Elle a désigné comme « ennemi commun » un système : celui du capital financier débridé, des algorithmes de censure et de l'industrie de l'armement qui permettent la poursuite du drame à Gaza.
My full AJ Forum speech last week: the common enemy of humanity is THE SYSTEM that has enabled the genocide in Palestine, including the financial capital that funds it, the algorithms that obscure it and the weapons that enable it. pic.twitter.com/PzTQFFybsG
— Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt (@FranceskAlbs) February 9, 2026
Elle cible les soutiens globaux à une politique qu'elle juge génocidaire, non un peuple.

Malgré cette mise au point, Caroline Yadan et une quarantaine d’élus macronistes poussent pour sa révocation immédiate, auprès de Jean-Noël Barrot le 10 février.
Barrot, sans vérification, enfonce le clou : "Propos outranciers visant Israël en tant que nation."
La réaction française : entre diplomatie et alignement partisan ?
Mercredi 7 février, à l'Assemblée, Barrot dénonce une "militante politique" justifiant le 7 octobre, évoquant un "lobby juif" ou comparant Israël au IIIe Reich. « C’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien qu’elle entend pourtant défendre et des Nations unies », a dénoncé Jean-Noël Barrot à l’Assemblée nationale hier.
La députée Mathilde Panot (LFI) a dénoncé une politique étrangère fondée sur une « fake news », et d’ajouter sur X : « Vos accusations sont d’une gravité extrême, puisque les propos que vous condamnez n’existent pas ! »
Francesca Albanese, Italienne de 47 ans, paie cher son mandat. L'été 2025 marque un tournant : le 9 juillet, sous l'administration Trump, le secrétaire d'État Marco Rubio l'inscrit sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) via l'Executive Order 14203, initialement dirigé contre la CPI. Motif officiel : ses interactions avec la Cour pénale internationale et ses lettres aux entreprises accusées de complicité. Le rapport d'Albanese de juin 2025, "From Economy of Occupation to Economy of Genocide", nomme explicitement Lockheed Martin, Boeing, Amazon, Microsoft, Palantir, BlackRock....Conséquences concrètes : gel d'actifs, interdiction d'entrée aux USA, exclusion du système bancaire mondial.
Cette affaire Albanese expose la fragilité de la vérité face aux narratifs dominants. Haïr une religion est irrationnel ; dénoncer des actes inhumains est un devoir. C'est exiger le respect des droits humains pour tous.

