En Cisjordanie, Israël accélère le processus de colonisation

En Cisjordanie, Israël accélère le processus de colonisation


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Alors qu’un fragile cessez-le-feu est en vigueur à Gaza, la colonisation israélienne en Cisjordanie s’accélère. L’ONU constate une expansion record, fragilisant toute perspective de paix.

Selon le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée continue à avancer rapidement, ce qui alimente les tensions et fragilise l’accord de cessez-le-feu.  Alors que la communauté internationale se focalise sur la gestion des crises immédiates, l’État israélien avance méthodiquement ses pions sur l’échiquier territorial, modifiant les faits accomplis au mépris du droit international et des appels répétés, y compris ceux de la Cour Internationale de Justice (CIJ).

Une politique délibérée d’expansion israélienne à Gaza

Mardi, Ramiz Alakbarov a présenté devant le Conseil de sécurité le dernier rapport trimestriel du Secrétaire général sur l’occupation israélienne. Le document révèle une progression importante de la colonisation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

Cette dynamique n’est pas le fruit du hasard ou d’initiatives individuelles. Elle est le résultat de décisions politiques. Le 11 décembre, le cabinet israélien a décidé d’approuver 19 colonies de peuplement supplémentaires. Selon l’ONU, ce n’est plus une simple extension mais une « violation du droit international et des résolutions des Nations Unies ». Notons en effet que la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif ordonnant l’Israël de mettre fin à la « présence illégale » des colons dans le territoire palestinien le 19 juillet 2024.

« L’expansion du périmètre des colonies renforce encore l’occupation illégale et viole le droit international, tout en sapant le droit des Palestiniens à l’autodétermination »

, a déclaré Ramiz Alakbarov à la fin de son intervention.

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 Cette stratégie ne se limite plus à l’extension périphérique des implantations existantes. Elle inclut la régularisation d’avant-postes auparavant considérés comme illégaux même par la loi israélienne et le développement d’infrastructures routières et sécuritaires qui fragmentent le territoire palestinien. L’objectif est clair : rendre toute forme d’État palestinien viable et contigu géographiquement impossible.

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L’étau sécuritaire et économique se resserre

Cette colonisation territoriale s’accompagne d’une pression constante sur la population palestinienne civile. Le rapport de l’ONU documente une recrudescence des violences de colons, notamment lors des récoltes, souvent en présence passive ou active des forces de sécurité israéliennes.

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Ces actions visent délibérément les moyens de subsistance des Palestiniens, détruisant oliveraies et récoltes, et créant un environnement d’insécurité propice aux déplacements forcés.

Parallèlement, les opérations militaires israéliennes dans le nord de la Cisjordanie entraînent destructions et déplacements à grande échelle. Cette combinaison de pression économique et de coercition militaire constitue un outil de gouvernance et de contrôle démographique.

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La paix, otage des faits accomplis

La situation à Gaza, avec son cessez-le-feu fragile et sa catastrophe humanitaire persistante, accapare l’attention médiatique et diplomatique. Cependant, c’est bien en Cisjordanie que se joue l’avenir politique à long terme.

Chaque nouvelle habitation, chaque route réservée aux colons, chaque avant-poste régularisé grignote un peu plus la possibilité d’une solution négociée à deux États. L’État israélien, en poursuivant et en accélérant cette politique durant une période de trêve à Gaza, envoie un message clair : sa priorité stratégique est la consolidation de son contrôle sur l’ensemble du territoire de la Cisjordanie, bien au-delà de ses frontières reconnues internationalement.

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Le fossé entre les discussions de paix, même limitées à un arrêt des hostilités à Gaza, et la réalité sur le terrain en Cisjordanie n’a jamais été aussi grand. D’un côté, une diplomatie qui tourne en rond autour d’une solution à deux États devenue quasiment théorique. De l’autre, une politique étatique israélienne implacable et concrète qui crée chaque jour de nouveaux faits accomplis.

Cette colonisation accélérée, couplée à un étau sécuritaire et économique, n’est pas un élément annexe du conflit. Elle en est le cœur stratégique. Elle démontre que sans une pression internationale crédible et des conséquences tangibles pour cette violation persistante du droit international, toute perspective de paix fondée sur la coexistence de deux États souverains s’évanouira, colline après colline.


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