DOGE : un licenciement massif en vue dans la fonction publique

DOGE : un licenciement massif en vue dans la fonction publique


Partager cet article

Dans le programme politique de Trump, nous avions évoqué la création du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), confié à Elon Musk et Vivek Ramaswamy. Ce nouveau département rattaché à l’administration Trump propose une réforme ambitieuse qui va réduire les coûts et la bureaucratie fédérale, promettant des économies pour les contribuables américains. Un enjeu majeur pour Trump.« Ce n’est pas seulement une question d’économie…C’est une question de culture. Nous voulons instaurer une nouvelle norme d’excellence au sein du gouvernement fédéral »,  a déclaré Musk sur le site  du DOGE. Un programme qui cependant, risque de ne pas plaire à tout le monde.

La semaine dernière, Donald Trump a nommé les deux milliardaires Elon Musk et Vivek Ramaswamy au nouveau département d’État américain dédié à l’efficacité gouvernementale,DOGE. Son programme choc vient d’être révélé dans un éditorial pour le Wall Street Journal mercredi. La première mission de Musk est d’exiger le retour strict au bureau. Musk et Ramaswamy estiment que le mandat de retour au bureau et les réductions d’effectifs pourraient engendrer des économies de 2 000 milliards de dollars, soit près d’un tiers du budget fédéral annuel de 6 750 milliards de dollars.

Le DOGE prône une réforme d’envergure

Elon Musk et Vivek Ramaswamy vont diriger le Département de l’efficacité gouvernementale. « Avec un mandat électoral décisif et une majorité conservatrice 6-3 sur la Cour suprême, DOGE a une occasion historique de réduire structurellement le gouvernement fédéral » ont-ils déclaré au Wall Street Journal.

Baptisé « Département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE), en clin d’œil à la crypto-monnaie préférée de Musk, ce groupe de travail sera chargé de réduire les dépenses inutiles, de supprimer les réglementations excessives et de restructurer les agences fédérales. Ses trois missions principales sont :

  1. Éliminer les réglementations inutiles : une réduction drastique des normes jugées obsolètes.
  2. Supprimer les postes redondants : les départs volontaires et la restructuration devraient permettre une baisse significative des effectifs.
  3. Améliorer la productivité : un retour obligatoire au bureau pour les fonctionnaires afin d’accroître l’efficacité et réduire le télétravail jugé inefficace. Désormais, les fonctionnaires devront travailler au bureau 5 jours par semaine.

Musk et Ramaswamy espèrent des départs volontaires de nombreux fonctionnaires pour mettre leur plan de « réduire structurellement le gouvernement fédéral » en exécution. En effet, ils prévoient de procéder à une réduction massive du nombre des employés fédéraux et une réduction des règles et règlementations fédérales. Parmi les principales cibles figurent des institutions clés telles que l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), la Commission des Valeurs Mobilières (SEC) et la Commission Fédérale du Commerce (FTC).

Notons qu’un rapport du Congrès en septembre a révélé qu’il existe plus de 2 millions d’employés fédéraux (hors personnel militaire et services postaux), financés par les contribuables. Musk et son partenaire estiment que «  ce chiffre doit être drastiquement réduit. » Les dirigeants du DOGE n’ont pas donné de chiffre exact. Mais on pourrait croire qu’ils vont s’inspirer de la réduction de 80 % des employés de X.

Grâce aux récentes décisions de la Cour suprême (majoritairement conservatrice), Musk et Ramaswamy affirment que des décrets présidentiels suffiront pour mettre en œuvre leurs réformes. Selon eux, une bureaucratie trop étendue menace directement la démocratie et la souveraineté du peuple. Musk et Ramaswamy estiment que le mandat de retour au bureau et les réductions d’effectifs pourraient engendrer des économies de 2 000 milliards de dollars, soit près d’un tiers du budget fédéral annuel de 6 750 milliards de dollars.

Des coupes ciblées, mais significatives

  • Dépenses discrétionnaires : 500 milliards de dollars attribués à des projets jugés non essentiels comme la Société de radiodiffusion publique (500 millions de dollars) ou la planification familiale (300 millions de dollars).
  • Département de la Défense : malgré ses 800 milliards de budget annuel, des audits inefficaces laissent présager des marges de réduction.

Toutefois, les droits sociaux tels que la sécurité sociale ou Medicare resteraient largement intacts, sauf pour lutter contre les fraudes.

Cette réduction du nombre d’employés fédéraux pourrait avoir un impact sur les Etats rouges. On cite entre autres l’Alabama qui compte 40.000 travailleurs fédéraux et le 10e district de Pennsylvanie, abritant un grand nombre de républicains, qui compte 13.000 employés fédéraux.

Musk et Ramaswamy se disent être prêts à « résister aux intérêts ancrés de Washington ». Ils ont confiance au succès de leur plan. Notons qu’ils ont mis en place un calendrier plutôt serré. Les deux partenaires prévoient d’atteindre leur objectif d’ici juillet 2026, avant les élections de mi-mandat.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort

Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort

L'article récent d'Eric Verhaeghe sur l'atlantisme sans nuance de CNews, et la contribution de la presse Bolloré à la vassalisation des conservateurs français par les USA a suscité la réprobation de certains lecteurs. Eric m'a donc demandé d'approfondir les techniques de manipulation utilisée par ce groupe de presse pour réussir cet avachissement du conservatisme français. Il ne s'agit en fait pas d'une simple ligne éditoriale musclée qui est à l'oeuvre. Il s’agit plutôt d’une véritable ingénie


Rédaction

Rédaction

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

Le CEO de Palantir Technologies à Davos s’est offert une provocation lors de son intervention : « Il devient difficile d’imaginer pourquoi nous aurions besoin d’une immigration de masse, sauf pour des compétences très spécialisées. » Derrière la formule choc, Alex Karp, CEO de Palantir, esquisse surtout une thèse plus profonde. L’intelligence artificielle ne se contente pas de transformer l’économie, elle fragilise les piliers institutionnels des sociétés occidentales, à commencer par l’éducati


Rédaction

Rédaction

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

On nous avait promis que la "Big Tech" était le nouvel eldorado de la croissance infinie, une machine à cash inépuisable capable de s'auto-financer sans jamais faillir. Pourtant, un signal d'alarme vient d'être tiré par le Financial Times : les géants de la Silicon Valley — Amazon, Microsoft, Meta — se sont lancés dans une course effrénée à l'endettement sur le marché obligataire américain. 1. De quoi parle-t-on vraiment ? L'information est capitale : ces entreprises, qui autrefois croulai


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe