Comment Le Monde est devenu un journal d'opinion (très) ordinaire

Comment Le Monde est devenu un journal d'opinion (très) ordinaire


Partager cet article

Dans l'histoire des régimes à bout de souffle, le masque de la respectabilité institutionnelle finit par glisser pour révéler les connivences. L'affaire « Legrand-Alloncle », qui secoue le landerneau médiatico-politique en cette fin d'année 2025, est de ceux-là. Au-delà de l'anecdote d'un déjeuner parisien enregistré à la sauvette, c'est le traitement qu'en fait le quotidien Le Monde qui doit retenir notre attention. Il signe, si besoin en était encore, l'acte de décès du « journal de référence » au profit d'un organe de combat au service de la caste.

Le fait générateur est pourtant d'une banalité crue, presque vulgaire : des journalistes du service public, grassement rémunérés par l'impôt, devisent stratégie politique avec des cadres du Parti Socialiste, affirmant « faire ce qu'il faut » pour une ministre en exercice, Rachida Dati. Dans n'importe quelle démocratie libérale saine, où le quatrième pouvoir joue son rôle de contre-pouvoir, la presse d'investigation se serait jetée sur la moelle de l'information. Existe-t-il un cabinet noir au sein de France Inter? Le service public a-t-il rompu son contrat moral et légal de neutralité?

Mais Le Monde, dans son article du 17 décembre, a choisi une autre voie. Celle de l'omertà sélective et de la sémantique de combat. En qualifiant la vidéo de « séquence tronquée » tout en passant sous un silence assourdissant l'existence d'un constat d'huissier certifiant l'intégrité du rush, le quotidien du soir a commis une faute professionnelle qui ne doit rien au hasard.

Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : Thomas Legrand dénonce une « barbouzerie », Yaël Braun-Pivet adresse un « rappel à l’ordre »
Alors qu’une nouvelle conversation, privée, de Thomas Legrand est exploitée par les médias d’extrême droite, la présidence de l’Assemblée nationale appelle le rapporteur ciottiste Charles Alloncle à « faire preuve de retenue dans ses prises de position et expressions publiques ».

Ce n'est plus une omission, c'est un choix éditorial militant. Il s'agissait de disqualifier la preuve pour ne pas avoir à juger le fond. La technique est vieille comme la Pravda : quand le miroir vous renvoie une image insupportable de votre propre corruption morale, brisez le miroir et accusez celui qui le tient d'être un « barbouze ». L'argument technique de la manipulation vidéo, pourtant démonté par le rapporteur Charles Alloncle lors des auditions, a été maintenu par la rédaction du Monde comme un dogme, une vérité révélée destinée à protéger les « copains ».

M. Charles Alloncle, rapporteur. Je réagis à ce que vous dites, madame Benkemoun. Vous parlez de « séquences tronquées et montées ». Or, à la demande de M. Cohen lui-même, un constat d’huissier a été effectué et a permis de certifier que la vidéo n’a été ni tronquée, ni montée. À aucun moment, d’ailleurs, le comité d’éthique n’a demandé le rush complet, qui a été certifié par huissier. Votre avis se fonde donc sur un postulat faux. Quelle est donc la légitimité du comité d’éthique pour s’exprimer sur ce sujet à partir de postulats qui ont été démontrés comme étant faux ?
Ils ont remplacé le clivage Droite-Gauche par le "Mépris Cool". Comprenez enfin la mécanique.

Ne restez pas à la surface. Découvrez gratuitement l'anatomie secrète du "Bloc Bourgeois" qui gouverne la France, avec l'ouvrage inédit de Veerle Daens, envoyé par mail pour chaque abonnement annuel souscrit jusqu'au 17 décembre à minuit.

Je m'abonne à l'année et je reçois l'e-book exclusif "Le mépris cool" de Veerle Daens

Le réflexe de la citadelle assiégée

Ce glissement n'est pas anodin. Il révèle que Le Monde ne se considère plus comme un observateur impartial de la vie publique, mais comme le gardien du temple, la vigie d'un système aux abois. Face à la commission d'enquête parlementaire initiée par l'UDR, perçue non comme un outil démocratique de contrôle mais comme une intrusion barbare dans « l'entre-soi » feutré de l'audiovisuel public, le journal a activé le réflexe de corps.

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Le 17 mars, Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, dînait au restaurant Laurent, adresse huppée du 8e arrondissement. Un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel. Le message est clair : on n’entre pas ici par hasard. Mardi 17 mars, Tiphaine Auzière, avocate engagée et fille de Brigitte Macron, a présidé le jury de la première édition du prix de la Pensée libre au restaurant Laurent, dans le 8e arrondissement de Paris. Accompagnée de Florian Tardif, J


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Bien entendu, la question pique les yeux : le droit de vote est-il encore essentiel à un système politique adapté à notre temps ? Longtemps je l'ai cru, mais je dois reconnaître que, dans ma lucidité mélancolique, je ne puis que rejoindre tant de libertariens, essentiellement américains d'ailleurs, pour regretter la misère de cette forme inférieure de prise en compte de l'intérêt général. Je fais partie de la génération post-boomers (je suis né en 1968, donc après les boomers à proprement parle


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

S'il y a une chose que la bureaucratie parisienne maîtrise mieux que la création de pistes cyclables impraticables, c’est l’art du « circulez, y’a rien à voir ». Mais quand le « rien à voir » concerne 52 animateurs suspendus en trois ans pour des déviances sexuelles au milieu de nos chères têtes blondes, le vernis socialiste finit par craquer. Bienvenue dans le merveilleux monde du périscolaire parisien, ce sanctuaire de l'enfance qui ressemble de plus en plus à un coupe-gorge administratif fin


CDS

CDS

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Mentionné à 673 reprises dans les documents déclassifiés liés à l’affaire Epstein, Jack Lang a quitté le 7 février la présidence de l’Institut du monde arabe après treize ans en poste. Entre enquête pour blanchiment et témoignages sur son train de vie, l’ancien ministre voit chaque jour son image vaciller. Suite à la publication de certains documents prouvant ses liens avec Jeffrey Epstein, le pédocriminel, Jack Lang fait l’objet d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». De


Rédaction

Rédaction