La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur a rendu public, le 6 octobre 2026, son rapport sur le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël. Le déficit d'exploitation atteint 13,5 millions d'euros en 2024, les comptes sont dans le rouge depuis 2022, et l'établissement est piloté « en mode crise » depuis 2019. Pendant ce temps, 28 millions d'euros sont engagés pour restructurer les urgences.
Le constat tient en une phrase : l’établissement, deuxième hôpital public du Var, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs exercices.
Des comptes dans le rouge depuis 2022
Deuxième établissement public de santé du Var, le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël dispose de 557 lits et places en 2024. La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur constate que ses comptes sont déficitaires depuis 2022. En 2024, le déficit d’exploitation atteint 13,5 millions d’euros.
Le constat financier est accablant : les recettes ont progressé, mais les dépenses ont augmenté plus rapidement. Les charges de personnel figurent parmi les postes dont la croissance est jugée insuffisamment maîtrisée. Pour autant, l’activité globale de l’établissement augmente, portée notamment par les prises en charge ambulatoires. La maternité, elle, continue de perdre de l’activité.
La chambre relève également des faiblesses dans le pilotage de l’établissement. Elle critique notamment la composition et la fréquence des réunions du directoire, tandis que la gestion commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez reste financièrement inachevée. Des litiges persistent sur le remboursement de certaines charges de personnel. Autrement dit, la coopération entre établissements ne suffit pas à garantir une répartition financière clairement réglée.
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28 millions pour les urgences, mais quelle stratégie globale ?
La chambre décrit une gestion « en mode crise » sur toute la période examinée depuis 2019, critique la composition et la fréquence des réunions du directoire, et relève que la direction commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez, en place depuis août 2014, reste financièrement inachevée. Des litiges subsistent sur le remboursement de certaines charges de personnel entre les deux établissements.
La restructuration des urgences, estimée à 28 millions d'euros dont 22 millions pour le seul service des urgences , est financée par des aides de l'agence régionale de santé, de l'emprunt et un prélèvement sur le fonds de roulement. L'établissement a lancé un plan d'efficience en 2025, que la chambre juge nécessaire mais insuffisant à lui seul. Six recommandations ont été formulées.
La chambre régionale des comptes est une juridiction financière. Elle relève, constate, recommande. Elle ne condamne pas. Mais ce qu'elle décrità savoir " un hôpital qui perd des naissances", pendant qu'on finance des murs pose une question que le rapport ne formule pas explicitement : à quoi sert une tutelle qui savait, depuis sept ans, sans agir ? Les 28 millions d'euros d'investissement immobilier ne traiteront ni la fuite des patientes, ni la désaffection des personnels, ni le déficit structurel.